Le rôle du parent pendant le tutorat de son enfant — NeuroProdige
Tutorat et soutien scolaire

Votre enfant a un tuteur : quoi faire, et surtout quoi ne pas faire

Ce qui change dans votre rôle quand un tuteur entre en scène : ce que vous n'avez plus à faire, ce qui reste à vous, et la seule question à poser le soir.

Équipe NeuroProdige Lecture de 9 minutes
Dans cet article
  1. Le parent trop présent, le parent absent
  2. Trois informations à donner au tuteur
  3. Ce qui change, ce qui reste
  4. Le soir : une seule question
  5. Trois phrases à retirer
  6. « Je ne veux plus y aller »
  7. Si les devoirs restent difficiles
  8. Questions fréquentes

Engager un tuteur règle une question et en ouvre une autre. La première — « qui va aider mon enfant ? » — trouve sa réponse le jour du jumelage. La seconde arrive dès la première séance : « et moi, maintenant, je fais quoi ? »

La tentation est de faire plus. Vérifier les exercices, réexpliquer autrement, s'asseoir à côté pendant la séance. La tentation inverse existe aussi : déléguer complètement et considérer le dossier fermé. Aucune des deux ne fonctionne, et la bonne nouvelle est que la troisième voie demande moins de temps que la première.

Le piège du parent trop présent, et celui du parent absent

Un parent qui reste dans la pièce, corrige au passage, ajoute une consigne ou soupire devant une erreur produit un effet précis : l'enfant cesse de s'adresser au tuteur. Il regarde le parent. Il cherche l'approbation là où elle a toujours été. La séance devient une évaluation familiale, et le tuteur perd exactement ce qu'on est venu chercher chez lui : un espace où se tromper ne coûte rien.

À l'autre bout, le parent qui ne sait ni ce qui a été travaillé, ni où l'enfant en est, ni ce que le tuteur a demandé, laisse le tutorat flotter à côté de la vie scolaire au lieu de s'y brancher. L'enfant progresse une heure par semaine, puis retourne dans une maison où rien n'a bougé.

« Entre les deux, il y a une posture qui tient en une phrase : vous êtes responsable du cadre, le tuteur est responsable du contenu. »

Et le cadre demande moins de temps que la correction

Les trois informations à donner au tuteur dès le départ

Un bon tuteur pose ces questions. S'il ne les pose pas, donnez les réponses quand même.

Ce qui bloque, dans vos mots

Pas la note, pas le nom du chapitre : ce que vous observez. « Elle comprend en classe et oublie tout le lendemain. » « Il abandonne dès qu'un problème fait plus de deux lignes. » « Elle pleure avant les examens de maths, jamais avant les autres. »

Ces phrases valent plus qu'un bulletin, parce qu'elles décrivent un mécanisme et pas un résultat.

Ce qui a déjà été essayé

Les récupérations du midi, l'application d'exercices, la tante qui enseigne, les six mois avec un autre tuteur. Dire ce qui n'a pas fonctionné évite au nouveau tuteur de refaire le même chemin, et lui signale ce que votre enfant a peut-être appris à détester.

Ce que l'école a mis en place

S'il existe un plan d'intervention, transmettez-le. Ce document décrit les adaptations convenues avec l'école, et un tuteur qui les connaît peut travailler dans le même sens plutôt qu'à côté. Le cadre de référence du ministère de l'Éducation explique ce que le plan contient et qui participe à son élaboration.

Ce qui change, et ce qui reste entièrement à vous

La colonne de gauche est celle qu'on abandonne avec soulagement. Celle de droite est courte, et c'est là que se joue l'essentiel.

Ce que vous n'avez plus à faire

  • Corriger les devoirs.Le tuteur a besoin de voir les erreurs telles qu'elles sortent. Un cahier corrigé à la maison lui cache précisément l'information qu'il cherche : où le raisonnement dérape. Laissez passer les fautes — ce sont des données.
  • Réexpliquer la matière à votre façon.Votre méthode est peut-être excellente, et elle entrera en collision avec celle du tuteur, qui suit le programme actuel et les critères de l'enseignant. Deux méthodes concurrentes dans la même semaine ajoutent de la confusion, pas de la clarté.
  • Assister à la séance.Sauf pour les plus jeunes au démarrage, ou le temps de régler un problème technique. Votre absence n'est pas du désintérêt : c'est ce qui permet à votre enfant de dire « je ne comprends pas » sans que ça compte.

Ce qui reste entièrement à vous

  • Protéger le créneau.La contribution la plus sous-estimée et la plus déterminante. Une séance déplacée trois fois en un mois envoie un message que l'enfant lit très bien : ceci passe après le reste. On traite le rendez-vous comme un rendez-vous médical.
  • Préparer l'espace et la technologie.Une table dégagée, une porte qui ferme, des écouteurs, un appareil chargé, la plateforme testée avant l'heure. Cinq minutes de préparation évitent dix minutes perdues sur une heure payée.
  • Nommer les progrès que le tuteur ne voit pas.Il voit une heure par semaine ; vous voyez le reste. Le cahier ouvert sans qu'on le demande, les devoirs finis avant le souper, le cours de maths mentionné sans lever les yeux au ciel. Dites-le-lui : ce sont ses indicateurs les plus utiles, et il n'y a pas accès.
  • Faire le pont avec l'école.Prévenez l'enseignant qu'un tutorat est en cours. Beaucoup ajustent alors ce qu'ils signalent à la maison, et certains accepteront un contact direct avec le tuteur.

Le soir de la séance : une seule question suffit

Deux minutes, debout dans la cuisine, sans cahier
Évitez « Ça a bien été ? » — la réponse sera « oui », et vous n'aurez rien appris.

« Enseigne-moi une chose que vous avez vue aujourd'hui. »

Cette question fait deux choses à la fois : elle oblige à reformuler, ce qui consolide l'apprentissage mieux que n'importe quelle relecture, et elle donne l'indicateur le plus fiable qui existe pour savoir si le tutorat fonctionne. Un enfant qui peut expliquer a compris ; un enfant qui répète des mots sans les habiter a assisté à une séance.

C'est d'ailleurs le premier des cinq indicateurs à observer après six semaines. Et si la réponse est confuse, ce n'est pas un échec : c'est un renseignement à transmettre au tuteur avant la prochaine séance.

Trois phrases à retirer du vocabulaire

On paie pour ça, alors fais un effort.

Elle transfère à l'enfant la responsabilité d'un budget familial. Il ne peut rien en faire, sauf se sentir coupable de coûter cher — ce qui n'a jamais aidé personne à apprendre les verbes irréguliers.

Tu vois, c'est facile quand on t'explique.

L'intention est bonne, l'effet est de nier la difficulté. Si c'était facile, il n'aurait pas eu besoin d'aide pendant deux ans.

Préférez : « Tu as compris quelque chose de difficile. »
Ton tuteur m'a dit que…

Utilisée comme un bulletin. Si le tuteur devient une voix qui rapporte les manquements aux parents, l'enfant se ferme en trois séances. Les comptes rendus servent à vous informer, pas à alimenter la conversation du souper.

Quand votre enfant dit qu'il ne veut plus y aller

Cela arrive souvent autour de la troisième ou quatrième séance, quand l'effet de nouveauté retombe et que le travail réel commence. Écoutez d'abord ce qui est dit exactement — quatre phrases très proches ne parlent pas du tout de la même chose.

C'est plate Ce que ça signaleUne question d'engagement : le format ou le rythme ne l'accroche pas.
Je ne comprends rien pareil Ce que ça signaleUn problème de méthode : ce qui est expliqué ne rejoint pas sa façon d'apprendre.
Il parle trop vite Ce que ça signaleUn ajustement facile — le genre qui se règle en un courriel.
J'ai honte Ce que ça signaleAutre chose, de plus important. À écouter avant tout le reste.

Résistez à l'envie de trancher tout de suite entre continuer et arrêter. Rapportez la phrase au tuteur, mot pour mot. Un professionnel saura quoi en faire, et la plupart des refus se dénouent en un ajustement de rythme. Si la même phrase revient après deux séances ajustées, il est temps de regarder si le problème est le jumelage, ou si le besoin relève d'un autre professionnel que le tuteur.

Et si les devoirs restent un champ de bataille

Le tutorat ne fait pas disparaître les soirées difficiles, du moins pas tout de suite. Il retire une partie de la charge : celle de faire office d'enseignant après une journée de travail.

Pour le reste, des ressources gratuites existent

Alloprof met à la disposition des parents des fiches, des outils imprimables et une zone d'entraide pour les élèves. Utiliser les deux n'a rien de contradictoire.

Questions fréquentes

Faut-il rester à côté de son enfant pendant une séance de tutorat en ligne ?
Non, sauf au primaire pour le démarrage, ou le temps de régler un souci technique. Votre présence pousse l'enfant à chercher votre réaction plutôt qu'à travailler avec le tuteur. Restez joignable dans la maison, pas dans la pièce.
Doit-on corriger les devoirs quand un tuteur suit son enfant ?
Il vaut mieux ne pas les corriger. Le tuteur a besoin de voir les erreurs brutes pour comprendre où le raisonnement se brise. Un cahier déjà corrigé lui retire cette information.
Comment savoir ce qui se passe pendant les séances ?
Demandez un compte rendu écrit après chaque séance : ce qui a été travaillé, ce qui a résisté, ce qui est demandé pour la prochaine fois. C'est une pratique normale, et son absence fait partie des signaux à surveiller quand on évalue un tuteur avant de s'engager — voir les 12 questions à poser avant d'engager un tuteur.
Que dire à l'enseignant de son enfant ?
Dites simplement qu'un tutorat est en cours et demandez ce qui serait le plus utile à travailler en priorité. Cette question ouvre presque toujours la porte, parce qu'elle place l'enseignant en position de collaborateur.
Mon enfant refuse de faire les exercices demandés entre les séances. Que faire ?
Rapportez-le au tuteur au lieu de négocier chaque soir. Un volume d'exercices qui ne passe pas est un problème de dosage, et le dosage relève du tuteur. Votre rôle s'arrête à signaler ce que vous observez.

Avis. Les repères présentés ici décrivent une façon de travailler avec un tuteur ; ils ne remplacent pas le jugement des adultes qui connaissent votre enfant. Si les difficultés touchent l'anxiété, l'attention, la lecture ou le langage, elles relèvent d'autres professionnels que le tuteur, et cela mérite d'en parler à l'école ou à un professionnel de la santé.

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